mercredi 6 octobre 2010

la voiture verte qui me rend tout rouge

Gros énervement ces jours ci depuis l'ouverture du salon de l'auto: on entend de partout parler de la voiture électrique, notre sauveur écologique. Parfois on l'appelle voiture verte, voire voiture écologique et j'ai même entendu voiture zéro émissions!!! Du grand très grand n'importe quoi. Que faut il pour produire de l'électricité? jusqu'à aujourd'hui une ressource non renouvelable (uranium, gaz, charbon...). Que faut il pour produire des batteries? des ressources non renouvelables (cadmium, nickel...). La voiture électrique n'est pas verte et encore moins zéro émissions. Certes, ses émissions de gaz à effet de serre sont inférieures à celles d'une voiture thermique et elle constitue dans certains cas une bonne solution, mais de grâce ne l'appelons plus voiture verte.
En France j'aurai plutôt tendance à l'appeler voiture nucléaire... tiens c'est moins glamour ça n'est-ce pas Mr Renault? (Renault a lancé la gamme ZE comme Zéro Emissions... on y croit!)
Et que dire de la Chine, qui pour certain est le nouvel eldorado de la voiture propre électrique!!!! avec quoi est-ce qu'on fabrique l'électricité en Chine? un peu d'hydraulique et beaucoup de charbon!!! le bilan "du puit à la roue" est pire qu'avec une voiture au pétrole!!! Alors ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain: la voiture électrique oui, utile parfois et certainement faisant partie du panel de solutions. Mais de là à l'appeler voiture propre NON. Messieurs les journalistes, montrez nous un peu plus de sens critique et ne répétez pas les argumentaires falacieux des constructeurs comme des béni oui oui!!

mercredi 2 juin 2010

agriculture: victime ou complice?

Relance de débat sur la question de la responsabilité des agriculteurs dans l'état de notre environnement.
Tout d'abord, entendons nous bien, les agriculteurs dont je parle ci-après, sont les producteurs céréaliers important ou les industriels de l'élevage hors-sol et non pas les petits paysans qui vivent avec quelques centaines d'euros mensuels. La responsabilité de l'agriculture sur les pollutions et l'épuisement des ressources est flagrante: les engrais sont responsables d'émissions de gaz à effet de serre importants, les pesticides également et ils sont en plus à l'origine d'une pollution chronique des eaux et des sols. Certains remettent en cause le lien entre pesticides et santé humaine; il est bien évidemment impossible de démontrer ce lien alors que l'action se fait par accumulation au cours d'une vie d'homme, mais le bon sens permet raisonnablement de penser que des produits toxiques pour la faune et la flore ne sont pas anodins pour nous...

Par ailleurs l'agriculture industrialisé est le premier consommateur d'eau en France...et qui n'a pas vu ces irrigations qui se font en pleine chaleur en journée? Et que penser des élevages hors sol, des stabulations qui sont à l'origine du développement de maladies virales, de la diffusion massive d'antibiotiques dans nos environnement...? La liste est longue et la question que cela m'évoque porte sur la responsabilité des agriculteurs: est-ce que les agriculteurs sont d'affreux irresponsables ou les victimes d'un système mondial écrasant? sans doute un peu des deux mon capitaine! bien sur l'industrie agro-alimentaire et phytosanitaire, honteusement soutenue par nos états, ont engagé les agriculteurs dans des démarches couteuses, un cercle vicieux où la productivité nécéssaire au remboursement des dettes ne peut être obtenue que par des produits chimiques et des méthodes peu naturelles.
Mais n'y a t'il pas à un moment une question du choix? la responsabilité individuelle ne peut pas être dérobé: les agriculteurs ne peuvent plus se dire ignorants des conséquences d eleurs modes de production. Se pose donc la question d'un choix de vie, d'un choix de métier et d'une responsabilité de son action personnelle.
Enfin, les agriculteurs sont aussi les premières victimes de ces choix: maladies nerveuses, problèmes génétiques... eux et leurs familles sont souvent touchés par les conséquences des produits qu'ils ont utilisés. La solution est connu: un retour à une agriculture plus naturelle, en lien avec le sol, les besoins et les ressources. Mais pour cela il faut endiguer le cercle vicieu, alors où faut il agir? sur les agriculteurs? sur les industriels de l'agro alimentaire? sur les chimistes? ou... sur les consommateurs?

mardi 19 janvier 2010

Post Copenhague: faut il baisser les bras?

Le sommet de Copenhague a bénéficié d'une énorme campagne médiatique. Nous en attendions beaucoup...peut être trop. Certains, ici même sur ce blog, voyait dans ce sommet une erreur ou un mort-né. Aujourd'hui, même les plus optimistes comme moi doivent le constater: si Copenhague n'est pas un échec, cela y ressemble furieusement. Alors oui, on peut se réjouir du fait que les états se soient réunis pour parler d'une problématique qui était ignorée il y a quelques années. On peut se réjouir du fait que le sommet fut l'occasion de parler de manière importante du réchauffement climatique et qu'aujourd'hui plus personne n'ignore la situation (sauf Claude Allègre!)... mais il n'empêche, que ce sommet n'a pas permis d'aboutir à des engagements fermes et suffisants pour que la situation se stabilise à défaut de s'améliorer.



Alors j'avoue, comme nombre de militants, ma première réaction fut le découragement. Mon impression à la fin du sommet était que décidément nous n'arriverions à rien et que tant que le dernier glaçon des pôles ne sera pas fondu nous n'agirons pas.
Et puis, en regardant ce qui se fait ici et ailleurs, je comprend surtout que ce n'est pas des Etats qu'il faut attendre la solution, mais de nos territoires, de nos collectivités et donc de nous même, chaque citoyen: les villes, les agglomérations, les territoires sont la bonne échelle d'action et surtout la seule opérationnelle. Je constate qu'aujourd'hui ces collectivités se mobilisent de partout: en France, en Europe mais aussi aux Etats-Unis, au Canada, en Asie... Voir que même sous le règne de Bush, des villes des USA ont engagées des actions très volontaristes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre donne du baume au cœur! L'adage "penser global, agir local" prend alors tout son sens: oui ce sont bien les collectivités locales qui peuvent agir car elles peuvent mobiliser rapidement, avec des processus décisionnels moins lourds que les Etats, des enjeux politiques moindres qui permettent une véritable action. Et mathématiquement, lorsque la majorité des collectivités d'un pays agissent, alors c'est le pays qui agit! A l'avenir, c'est à mon sens l'action publique qu'il convient de pousser et d'encourager: l'action des collectivités locales (villes, départements, régions, agglomérations...). A quelques mois des Régionales en France, ce constat prend tout son sens....

vendredi 31 juillet 2009

D?bat de circonstance

En cette période de vacances, je me permets de lancer un débat de circonstance: quel mode de déplacement pour vos vacances? voiture ou train pour les vacances assez proches? avion forcément pour les destination les plus lointaines...? Alors que faire, je ne doute pas que nos convictions sont mises à rude épreuve par ces choix cornéliens... quel est votre avis? peut-on être écolo et prendre des vacances ailleurs que dans une grotte de l'Auvergne ralliée à cheval?... Allez le débat est lancé!!

vendredi 3 juillet 2009

Loi SRU, logement social et crise climatique...

Avec ce titre volontairement enigmatique, c'est une question de fond sur la planification urbaine sociale, tel qu'elle est aujourd'hui soutenue, que je veux développer. La loi SRU (Solidarité et renouvellement Urbain) de 2000 est la loi essentielle en matière d'urbanisme et en particulier de réglementation d'urbanisme à l'échelle d'un territoire (commune ou autre). Elle a amené de nombreux progrès en matière de prise en compte du développement durable dans la planification urbaine et notamment vis à vis des déplacements.

Ce qui m'intéresse aujourd'hui est son article 55 qui instaure le principe des 20% de logements sociaux dans chaque commune.
On le sait, ce principe à pour vocation de répartir le logement social en France, ne pas créer de "ghettos" du logement social et ainsi favoriser la mixité sociale. Même si ce principe n'est pas toujours appliqué par les élus (plusieurs exemples célèbres) il permet de "forcer un peu la main" pour que des logements sociaux soient créés dans toutes les communes. Et c'est là que se pose une question écologique majeure: on le sait, les déplacements sont responsables de près de 25% des émissions de gaz à effet de serre en France. Or, lorsqu'on impose à une commune rurale ou péri-urbaine, excentrée du centre ville, de ses commerces, services et emplois, peu ou pas desservies par les transports en commun, de construire des logements sociaux, est-ce que, par la même, on ne crée par du déplacement? et au-delà, par répercussion, un problème social se pose: on demande aux populations les plus modestes d'avoir un budget "voiture" important pour se déplacer. La question est complexe tant il est vrai que la mixité sociale est un enjeu au moins aussi grand que la lutte contre le réchauffement climatique et il est inutile d'opposer l'un à l'autre. Des solutions pourraient-elles exister? sans doute: dans le cadre d'un projet global de territoire, incluant une réflexion sur les déplacements à une large échelle (le bassin de vie par exemple), il peut être souhaitable d'envisager une répartition du logement social, non pas basé sur un ratio unique mais sur un ratio lié aux possibilités de déplacement "hors voiture"? La question reste ouverte mais le débat mérite d'être posé afin de ne pas créer des situation intenables.

dimanche 7 juin 2009

Le Pen s'en prend au film HOME

Voici ce que je viens de lire sur le site du JDD
Le président du Front national, Jean-Marie Le Pen, a dénoncé dimanche soir sur France 2 la diffusion, deux jours avant les élections européennes, du documentaire sur l'environnement Home, faite selon lui au profit de "la candidature de messieurs Bové et de Cohn-Bendit".
Faut être grave quand même....ah lala, je préfère en rire sinon on en pleurerait!

mardi 7 avril 2009

[D?bat] De l'ab?rration du sport automobile

Quel est, dans le contexte énergétique actuel, la légitimité du sport automobile? Peux t'on encore aujourd'hui consommer autant de pétrole et d'autres ressources, produire des gaz à effet de serre, uniquement pour un spectacle? La question, si je ne peux la trancher, mérite, me semble t'il, d'être posée.
Prenons la F1 par exemple, vitrine du sport auto mondial: une F1 consomme environ 100l/100km (!) et si l'on prend les statistiques de la saison 2008 ce sont 95690 km qui ont été parcourus en course soit 95690 litres d'essence rien que pour la course. Si on y ajoute les essais et les qualifs on peux raisonnablement doubler: près de 190 000 l par saison... alors c'est une goutte d'eau dans la consommation mondial. Même si à ceci s'ajoute les rallyes, les courses de motos, les raids, les indy, les GT... ?
F1
On peut toujours penser que cela est symbolique par rapport aux consommations mondiales. Il n'empêche: tous les sports mécaniques cumulés (pensez aussi aux avions de loisirs) l'impact sur les émissions de gaz à effet de serre n'est sans doute plus anecdotique. D'autant plus si l'on rajoute à cela les loisirs mécaniques type quads, 4x4 etc pratiqués par monsieur tout le monde... on n'est plus dans le symbolique là, non?

Mais la symbolique, c'est aussi cela le problème: à l'heure où l'on parle d'économiser le pétrole, de limiter l'usage de la voiture car ses conséquences sur le climat sont désastreuses, l'image du sport automobile est à contre-courant. Il continu de véhiculer (c'est le terme!) une image de pétrole disponible, que l'on peut bruler sans conséquences....bien loin de la réalité. Le summum dans ce symbole deu gaspillage energetique est sans doute le Grand Prix de F1 de Singapour qui, pour être original, est couru de nuit: un poteau avec 8 projecteurs placé tous les 32 mètres sur les 5067 que compte le circuit, un éclairage 4 fois plus puissant qu'un stade de foot.... du délire énergétique!

Alors comment peut on se positionner par rapport à cela? La question, un peu provocatrice, est donc: peut-on être écolo et aimer le sport automobile? J'aurai tendance à dire non, de manière à dire stop à cette consommation énergétique superflue, à en faire un symbole fort de la volonté de réellement réduire nos émissions...mais j'ai peur d'être utopiste.
Les pratiquants et les spectateurs du sport automobile sont-ils tous des inconscients qui se moquent des conséquences de la consommation énergétique? Surement pas! Je suis sur qu'une majorité d'entre eux est d'accord pour lutter contre le réchauffement climatique, sans doute ont ils éteins leur lumière une heure le 28 mars,,, mais qu'on ne touche pas au sport! C'est sacré! Le sport justifie alors tous les excès écologiques... une preuve? Avez-vous déjà entendu débattre de cette question dans un magazine sportif?

lundi 9 mars 2009

[D?bat] Et la lumi?re f?t...

Autre sujet: l'éclairage public.
Si il est bien un thème où l'irrationnel prend le dessus sur la logique brute c'est l'éclairage public. En effet, avez vous déjà songé aux 5 millions de kwH qui sont dépensés chaque année en pure perte pour éclairer des chemins ou des routes peu ou pas fréquentés? des places vides ou des monuments que personne ne regarde entre 2h et 5h du matin par exemple? Observez la nuit quelles routes sont éclairées: vous verrez une multitude de petites voies désertes, où ne passe jamais de piétons.... Or l'éclairage public à, à mon sens, une cible essentielle: les piétons. En effet, lorsque l'on circule en voiture, nous sommes sensés disposer de phares qui éclairent notre route. C'est bien pour les piétons (et les vélos bien sur) qu'il est commode d'éclairer la route; alors faut il pour cela éclairer chaque route? chaque impasse de chaque lotissement? Il me semble que cela est excessif. Heureusement en France nous n'éclairons pas les autoroutes, mais le chemin est encore long.
Alors quels problèmes posent cet éclairage massif? plusieurs problèmes très différents mais tout aussi importants. En premier lieu, cet éclairage public constitue une dépense électrique colossale: 48% de la consommation totale des communes! La diminution de l'éclairage publique permettrai sans doute de se passer de quelques centrales nucléaires...L'éclairage public est, par ailleurs, responsable de 4% des gaz à effet de serre en France (dans les pays où l'électricité est issue du charbon cela est bien pire).

Impact sur la faune également: la perturbation des vols d'insectes est reconnue comme étant une conséquence des éclairages excessifs de nos villes. C'est même la troisième cause du déclin d e certaines espèces de papillons en France. Cet éclairage est également responsable de la perturbation des vols de migration des oiseaux, de la perturbation de tous les animaux nocturnes (amphibiens notamment)... Ce que l'on appelle la pollution lumineuse constitue une perturbation grave des écosystèmes encore trop peu connue aujourd'hui.
L'éclairage nocturne pose aussi problème pour les observateurs d'étoiles (les astronomes amateurs savent de quoi je parle): il devient aujourd'hui difficile de trouver un vrai ciel noir pour réaliser différentes observations scientifiques. On comptait en France, en 1998, 6,5 millions de points lumineux....

Alors pourquoi continue t'on à éclairer l'inutile? malheureusement les collectivités locales semblent se sentir obligées d'éclairer la moindre parcelle d'espace public, alors que cet éclairage n'est pas imposé par la loi. Et c'est ainsi que, malgré toutes les bonnes volontés, on continue d'installer des ampoules pour éclairer des routes vides...
Ajout en date du 04/09/09: pour compléter l'information cet article de actu-environnement: http://www.actu-environnement.com/ae/news/etde_solutions_eclairage_public_poullution_lumineuse_energie_8182.php4

samedi 28 février 2009

[D?bat] Comment les enjeux ?cologiques disparaissent avec la crise

Pour ce premier billet, je vais commencer par un sujet d'actualité: l'aide accordée par le gouvernement en cette période de crise à l'industrie automobile et à la construction de nouvelles infrastructures routières.
Aujourd'hui en effet plusieurs engagements qui sonnaient agréablement à nos oreilles sont en train d'être discrètement glissés sous le tapis. Tout d'abord, les résolutions du Grenelle sur la limitation de la construction d'autoroutes nouvelles semblent bien loin, alors que le plan de relance annoncé donne la part belle à la construction de nouveaux projets routiers. La construction de 3 projets autoroutiers qui avaient été gelés par le Grenelle est même prévue: A63, A150, A355! Et ceci, sans qu'en parallèle des modifications importantes de nos politiques de transport ne soient engagées...Les résolutions du Grenelle ne seraient donc que de belles paroles distillées lorsque tout va bien du côté portefeuille? les problèmes posés s'effaceraient ils avec la crise? oh...seul un bien mauvais esprit pourrait penser cela!

Et que dire des aides directes ou indirectes accordées au secteur automobile? si elles étaient assorties d'une obligation pour les constructeurs de développer leur R&D (Recherche et Développement) dans les domaines des automobiles non (moins?) polluantes... mais non, aucune éco-conditionna lité n'est exigée pour des prêts de 500 M d'euros (à PSA et Renault respectivement)! Ceci est bien dommage, l'Etat avait là un moyen de pression très efficace pour changer en profondeur un des secteurs les plus émetteurs de gaz à effet de serre.

Le constat est donc là: devant l'urgence économique (car cette urgence est une réalité) l'urgence écologique ne pèse pas lourd... et pourtant: cette crise économique n'est qu'un aperçu des conséquences désastreuses qu'aura le réchauffement climatique. Lorsque les conséquences du réchauffement seront perceptibles d'un point de vue économique il sera trop tard pour aider nos entreprises à se transformer et à s'adapter. Les aides nécessaires de l'Etat auprès de nos grands groupes privés auraient pu être l'occasion d'imposer des axes de développement "Grenelle-compatible". N'a t'on rien appris de cette crise?

Que M. Borloo nous incite à changer nos ampoules, c'est bien... mais il faut vraiment pouvoir avaler des couleuvres énormes lorsque l'on est Ministre de l'Ecologie et en même temps de l'Aménagement du Territoire....