Avec ce titre volontairement enigmatique, c'est une question de fond sur la planification urbaine sociale, tel qu'elle est aujourd'hui soutenue, que je veux développer. La loi SRU (Solidarité et renouvellement Urbain) de 2000 est la loi essentielle en matière d'urbanisme et en particulier de réglementation d'urbanisme à l'échelle d'un territoire (commune ou autre). Elle a amené de nombreux progrès en matière de prise en compte du développement durable dans la planification urbaine et notamment vis à vis des déplacements.

Ce qui m'intéresse aujourd'hui est son article 55 qui instaure le principe des 20% de logements sociaux dans chaque commune.
On le sait, ce principe à pour vocation de répartir le logement social en France, ne pas créer de "ghettos" du logement social et ainsi favoriser la mixité sociale. Même si ce principe n'est pas toujours appliqué par les élus (plusieurs exemples célèbres) il permet de "forcer un peu la main" pour que des logements sociaux soient créés dans toutes les communes. Et c'est là que se pose une question écologique majeure: on le sait, les déplacements sont responsables de près de 25% des émissions de gaz à effet de serre en France. Or, lorsqu'on impose à une commune rurale ou péri-urbaine, excentrée du centre ville, de ses commerces, services et emplois, peu ou pas desservies par les transports en commun, de construire des logements sociaux, est-ce que, par la même, on ne crée par du déplacement? et au-delà, par répercussion, un problème social se pose: on demande aux populations les plus modestes d'avoir un budget "voiture" important pour se déplacer.
La question est complexe tant il est vrai que la mixité sociale est un enjeu au moins aussi grand que la lutte contre le réchauffement climatique et il est inutile d'opposer l'un à l'autre.
Des solutions pourraient-elles exister? sans doute: dans le cadre d'un projet global de territoire, incluant une réflexion sur les déplacements à une large échelle (le bassin de vie par exemple), il peut être souhaitable d'envisager une répartition du logement social, non pas basé sur un ratio unique mais sur un ratio lié aux possibilités de déplacement "hors voiture"?
La question reste ouverte mais le débat mérite d'être posé afin de ne pas créer des situation intenables.